Emma’a : « Cycle », La Renaissance d’une Reine

Emma'a sort son premier album "Cycle"

Il y a des projets qui sonnent comme des tournants. Des albums qui ne se contentent pas d’exister, mais qui affirment, qui déclarent, qui rayonnent. Cycle, le tout premier album d’Emma’a, est de ceux-là.

La queen de l’Afro R&B gabonaise ouvre l’année en grande pompe et avec une grâce assumée, posant sur la table 18 titres qui ressemblent moins à une simple collection de sons qu’à une véritable lettre d’amour à la musique, à elle-même, et à tous ceux qui l’ont suivie depuis ses débuts.

Après la pluie…

Ceux qui connaissent Emma’a savent qu’elle n’est pas étrangère aux tempêtes. Ses deux premiers EPs, et les projets qui ont suivi, portaient en eux une énergie commune ce qu’elle appelle elle-même le « goumin », cet état de tourment intérieur, cette mélancolie douce-amère qui colle à la peau. Mais Cycle, comme son nom l’indique si bien, marque la fin d’un cycle et le début d’un autre avec le premier titre  »Amoureuse ».

Emma’a retrouvée. Emma’a libérée.

Ce qui a changé, c’est que je m’affirme beaucoup plus. J’ai plus confiance en moi.

Ces mots prononcés lors d’une interview sur Trace Africa résument à eux seuls l’âme de ce projet. On sent, dès les premières écoutes, une artiste qui a mûri dans son art, qui a pris le temps de se connaître, de se solidifier elle et son équipe pour accoucher d’un disque à son image : doux, romantique, affirmé.

Un album, des univers…

Ce qui frappe d’emblée dans cet album, c’est son souffle. Emma’a n’a pas voulu s’enfermer dans une case. Elle a voulu montrer ses facettes, explorer les styles dans lesquels sa voix peut s’épanouir, et le résultat est une mosaïque musicale d’une cohérence surprenante.

Les collaborations choisies en témoignent. Avec Gazo, la connexion était naturelle, presque évidente une alchimie née bien avant l’album, forgée dès ses premiers pas sur la scène française. Avec Rsko, le lien était déjà tissé, puisque les deux artistes avaient déjà uni leurs univers sur Jeune Prince, le récent projet du rappeur. La complicité était là depuis longtemps, il suffisait de l’enregistrer.

Mais c’est peut-être Touché Coulé, en compagnie de la Team Paiya et de Tazeboy, qui incarne le mieux l’identité profonde de Cycle. Ce titre pulse d’une énergie résolument afro, ramenant l’album à ses racines, ancrant Emma’a dans ce qu’elle sait faire de mieux avec une fierté tranquille et communicative.

L’Amour comme boussole

Cycle est avant tout une ode à la douceur. Dans un paysage musical souvent dominé par l’urgence et le bruit, Emma’a choisit la tendresse. Elle choisit le romantisme. Elle choisit de prendre le temps.

Et c’est précisément là que réside sa force. Cette maturité ne crie pas, elle s’installe. Elle s’impose avec la sérénité de quelqu’un qui n’a plus rien à prouver, mais tout à partager.

Après le goumin, revient l’amour. Après la pluie, le beau temps. Cycle porte ce message avec une élégance rare, portée par une voix qui semble avoir enfin trouvé son vrai registre, celui de la confiance, de la plénitude, de la joie.

La fausse note ?

Dans cet album, on aurait aimer écouter une note plus traditionnelle. Une sonorité, un featuring qui renvoie à la culture ou à la tradition gabonaise, sa terre natale. On espère trouver ce mood dans un prochain projet.

L’avis de la rédac : Cycle est à écouter les yeux fermés, le cœur grand ouvert, surtout en cas de goumin…

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